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 Petit tour de bateau...

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Maugrey Tolz

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MessageSujet: Petit tour de bateau...   Mar 25 Jan - 20:51


Passage Solo :
    Au plein centre de Singapour, le temps était gris et sombre et il mouillait d'une petite pluie fine et froide.

    Sur le parquet des méandres, un chiot, petit et beau, jappait à la vie qui se dérobait devant lui, à l'amour qui le boudait, à tout ceux qui, dans ce parc, voyageait il ne sait où, sans lui, vers tout les endroits où il semblait qu'il aurait apprécier être oublié, ou plutôt choyé. Quel oublie est-ce d'être choyé ? C'est l'oubli de la vérité, celle d'un chiot abandonné par la mère écrasée et le père qui est parti, ailleurs, chasser une nouvelle vie, de nouvelles compagnes, jusqu'à ce que sa courte existence prenne fin. Ainsi le chiot était là, pleurant et gagnant. Il n'était même plus très jeune, il semblait abandonné à la chance. Peut-être qu'une petite fille chaleureuse le remarquera, et que ses parents seront suffisamment sages pour lui donner cette affection. Ou peut-être que ses parents préféreront imposer à leur fille les malheurs qui passe à leurs yeux, et que la fille n'aura pas son chien. Enfin, tout ça est bref. Des morts, en 328 ans, j'en ai connu. Un chiot meurt peut-être à chaque heure qui passe, et celui-ci sera peut-être l'un de ceux là. Je suis assis sur un modeste banc dans un modeste parc dans une modeste ville entourée de gens modestes à l'esprit modeste et aux actes plus que modeste. Tout ça est de moins en moins porté par rien, je le sens. Tout le monde croit en la chance, au bonheur personnel, à l'amitié du hasard, aux histoires de contes de fées. Plus personne dans cette ville ne se bat vraiment pour la réalité, tout le monde se bat pour l'imaginaire et un cœur qui manque, un cœur de possédé, possédé par l'animalité, la même qui fait que se chiot reste là. Au lieu de partir et d'apprendre à vivre, il reste là, croyant vivre dans un monde taillé pour les miracles. Un autre chiot était là avant, aussi, mais qui est parti et vit maintenant de poubelles. Je sens que l'on méprisera de plus en plus cette deuxième ne vivant que dans une réalité pur et juste, et pleine de souffrance. Une deuxième race qui 'y prépare, à la vie, et qui fait autre chose que d'espérer pour lui-même. Si cette deuxième race avait des ailes, elle serait angélique. Mais ce chiot ne semble connaître sa vie même s'il est plongé dedans. Il voudrait s'en sortir, s'en libérer, et vivre dans un monde magique où tout le monde est content. Oh, il a des chances pour que ça arrive, mais il a de chances pour que non... Et si la chance pour lui est bonne, il pensera, de manière trouble parce que c'est un chien : « Oh ! J'avais raison ! Le monde est taillé pour les miracle et je suis un élu du monde. » Et si jamais le chiot se meurt, sur ce sol froid et humide, son dernier souffle sera : « Je ne regrette pas d'avoir attendu, rien au monde n'est fait pour moi.» Ce chiot, je ne sais pourquoi, n'est plus aujourd'hui que la babiole d'une destinée sans hasard, d'une lâcheté de l'être qui se bat. Et je ne sais pourquoi de plus en plus d'humains sont comme lui, souffrants ou étant heureux, mais n'ayant jamais de pensées qui ne soient détachées d'un témoignage quelconque que ces gens peuvent avoir pour la réalité qui les entoure, la véritable qui est sans espérance si on ne l'admet pas à jamais parmi celles qu'il faut affronter.

    Je reste là et je regarde ce chiot. Les gens passent, ils le regardent parfois, certains on un petit sursaut, comme d'un moment qui s'éveille et alors, ahah c'est rigolo, s'enfuient quasiment, car ils font monter en eux, nous les sentons, milles responsabilités et conscience, comme s'ils voulait noyer cette idée de sauver ce chiot dans l'immense océan de l'identification sociale. Ahah quels idiots ! Mais je leur ressemble un peu, pourquoi je ne sauve pas ce chiot, moi ? Je pourrais le prendre et l'amener à un enfant d'un orphelinat, mais je suis aussi coupable de sa solitude que tout ceux qui passe devant nous. Coupable... c'est ce sentiment qui est renier par ceux-là. Moi au moins j'admets ma culpabilité, mais je suis le seul. Ces gens-là ne se sentent pas coupables de vivre dans le rêve, et de vivre dans la croyance des miracles. Ils sont coupables de ne pas chercher à se responsabiliser et à ne pas sortir leurs consciences du cycle infernal de l'intégration sociale. Moi j'y suis conscient et eux ne le sont pas. Et ce chiot est aussi coupable que mille autres de vouloir être comme eux. Si je reste là, c'est parce que je veux savoir de quoi est faite cette illusion. Ces gens passent et regardent le chiot japper, mais ils savent au fond que ce chiot est comme eux, et qu'il ne vit que sans se battre, en intégré social. Seulement ces idiots ne le ramasse pas. Ils voient un de leur semblable et ne l'aide pas, c'est donc que cette illusion est fait d'un mépris de soi-même. Ah... la mauvaise estime de soi, quel gâchis d'humain. Tout ça parce qu'on est sans réponse dans une société qui nous gouverne.

    Mais il se peut qu'une fille ramasse le chiot. De quoi est fait la femme ? Peut-être n'est-elle fait que d'amour. Un rivière... d'amour. Et pourquoi l'homme ne dit pas adieux à cette soumission sociale qui lui fait penser comme un rien et ne prend-t-il pas les armes, ne serait-ce que pour sauver ce monde ? Par amour ? Par lâcheté ? Par méconnaissance ? Quelle terrible méconnaissance ? Et pourquoi il méconnait ? Parce que comme ce chiot, il ne voit plus d'espérance. Il croit s'être fait piéger et est tombé devant un mur plus grand que lui, trop haut pour son âme, et il n'a pas courage non-plus de défoncer ce mur, car entre ce mur et lui il y a cette illusion, et qu'à l'intérieur de cette illusion il y a un amour véritable. Comment décoincer cette situation ? Ha... je me le demande.

    Le temps que j'y réfléchisse une semaine était passée. Un fantôme ne meurt pas de faim ni de froid, surtout quand il est invisible, et peut passer des lustres dans la même position. Quand nous avons 328 ans le temps est une autre affaire, on ne court plus après et c'est normal. Et le chiot ? En silence il semble avoir écouté mes pensées, car il est parti affronter ce mur comme son frère avant. L'instinct en lui a pris le dessus.

    Toutes les histoires négligés du monde existent même si on ne les raconte pas. Combien en sont conscient ?


Fin du passage Solo

~~~

Maugrey, après être resté une semaine assis aux yeux des passants, se leva et parti explorer d'autres horizons. Il avait envie... de ...manger. Il s'assit donc encore dans un restaurant chinois. Quant il eut fini il donna un beau diamant pour la repas. Il sortit dehors par beau temps il s'arrogea les services d'un gendarme pour prendre les bonnes rues vers le port. Singapour était un vrai labyrinthe quand on n'y faisait pas attention. Puis au port il s'engagea, toujours avec des diamants comme paiement, sur un grand bateau de 40 mètres avec une vingtaine de cabine. Il se paya la deuxième, la première étant au capitaine. C'étaient les deux seuls cabines avec des douches personnelles, ce qui rendit le propriétaire de la troisième cabine un peu jaloux. Le bateau se nommait la Petite-Milie. S'était un rafiot qui faisait des escales un peu partout à travers le monde pour les gens qui aimaient voyager ou qui n'avait pas le choix. Maugrey avait oublié de demander la prochaine destination, mais il s'en foutait un peu.

Comparer à Singapour, la mer était très calme. Le silence des flots allait bien avec la nature sifflotante du vent. Quelques personnes arrivaient à prendre du plaisir sur ce rafiot. Certains, le soir, sortait des instruments et dansaient aux lumières de la lune et des quelques bougies que le capitaine autorisait qu'on allume. Un coupe en particulier ressemblait à des aristocrates, et riaient et s'amusait presque chaque soir. Le capitaine était ravi dans sa grosse barbe de voir ce genre de gens. La plupart de temps il n'avait le droit qu'à des égarés comme moi ou à des gens qui fuyaient on ne sait trop quels malheurs. Un soir je me permis, avec la permission du gars, de danser un peu avec la fille. S'était plaisant. Il y avait aussi des parties de poker dans la cale, entre les matelots et certains bons joueurs. Je préférais regarder en invisible les parties que d'y prendre part, mais quand je le faisais il est rare que je perdais. J'ai passé tellement de décennies à espionner ce jeu que j'en connaissais presque une logique physique. Mais rien ne valait une vraie partie honnête avec des fronts plissés et des sueurs froides. Le bateau, comme tout les bateaux, balançait un peu, et tout cela était encore plus sinistre et plaisant. Autrement les journées étaient tranquilles. L'équipage au grand complet était composé de 30 passagers, 8 matelots et le capitaine, ce qui fait que nous étions 39 en tout.

Une dame eut une crise de schizophrénie, le 12eime jour. Elle eut peur d'un monstre imaginaire et sauta à l'eau... Et se noya. L'équipage fut un peu dans ses émois ; personne ne s'attendait, alors que nous étions en plein repas, à entendre une femme de 33 ans crier au meurtre, et à la voir effrayer par son imaginaire, alors nous étions tous autour d'elle, et à ensuite la voir passer par dessus la rambarde en fuyant. Elle fit "plouf" et on ne la revit plus. Il faisait beau soleil ce jour là. Nous n'étions plus que 38.

Mais les jours passaient quand même. Au 26ième, une grande fête eu lieu. Les gens crièrent, dansèrent, rigolèrent à leur plus fort. On sortit les tonneaux de vin et de rhum et on plongea sans vergogne nos grands bock dedans. Tout le monde était joyeux, et seul le capitaine, derrière, regardait ça d'un air paternel, faisant attention à ce que personne ne fait de gaffe ou ne passe par dessus la rambarde. Une fille essaya de l'inviter à danser, mais il refusa gentiment. La fête dura des heures, jusqu'au matin. Dans les matelos il y avait un joueur de guitare et un de accordéon. Tout le monde chantaient des chansons de n'importe quels pays. Peu importe la couleur ou l'origine, un vent de bonheur soufflait sur le bateau, et on se sentait si léger qu'on aurait pu croire être sur une mer de nuage. S'était un sentiment que personne ne repoussait ce soir là. La seul chose qui importait était la joie commune.

La 32eme nuit, le temps était un peu plus frais. Maugrey Tolz marchait sur le bateau en quête d'idées nouvelles. C'est à cette nuit que le présent prend enfin sa place.
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Maugrey Tolz

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MessageSujet: Re: Petit tour de bateau...   Jeu 17 Fév - 4:18

Partout le soleil n'était à bord. Pour avancer durant les heures où la capitaine dormait, une deuxième équipe avait été formée. Au sol de l'eau la voûte d'azur languissait l'horizon pour nous. L'histoire présente souvent les longs voyages pour leurs côtés usuels, sans mentionner jamais, comme s'il en serait tabou, que la véritable force qui pousse au voyage n'est pas un plaisir de reconnaissance, ni une évasion quidam, ni autre facteur extérieur. Non, ce qui pousse au voyage n'est rien de tout ça, rien de malhonnête, c'est simplement pour mieux vivre, pour vivre, pour se vivre soi quand un endroit dans lequel on a trop vécu nous en empêche par son mensonge perpétuel de renfermement. Le voyage, c'est la liberté, c'est l'assouvissement de son être qui au plus profond de nous a toujours soif de n'être pas autre chose qu'un brin d'herbe au vent, qu'un courant d'air dans une forêt, qu'une vague dans une mer, car quoique nous pensions nous ne serions jamais plus que cela, et seul l'esclave n'aime pas l'idée.

Et un esclave qui devient féroce et nous empêche de voyager peu importe où qu'on aille habite au fond de nous. Cet esclave vient quand on cesse d'avoir confiance en soi-même, quand on commence à se prendre pour un injuste « toujours » qu'on refuse de voir injuste à cause d'un vent trop fort sur notre tête, et à cause que ce vent qui ne nous aimes pas mais qu'il fait semblant que oui par amour pour son humeur, et cause d'un manque d'espérance qui est faux mais qu'on aborde parce qu'on a trop bien appris à vivre à ces côtés, et à cause de cet esclave nous devenons une brique au mur et on s'en enorgueilli.

Mais le voyage ce n'est pas tout ça, ce n'est que tout ça qui se libère, qui se dévoile, qui tombe et qui nous laisse finalement tranquille. Le voyage parcourt les vérités de l'âme et les porte secours de nous-mêmes, le voyage place en nos cœurs un cœur qui ne soit pas de pierre et en nos yeux un regard qui ne soit pas de glace. Le voyage ce n'est pas la distance, c'est le contact.

Maugrey pensait à tout ça en rentant accoudé sur la rembarde.
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